Mois : mai 2015

Leçon n°46

« Je cherche la vie vivante jusque dans les os. Il n’y a qu’une seule chose vivable et vivante : laisser la possibilité de l’absolu ouverte, tout le temps, ne jamais conclure, ne jamais rien achever, pas de promesse, pas d’échec, pas de menace, juste le vivant, toujours ouvert, ouvert, ouvert.’

 

Lorette Nobécourt, Grâce leur soit rendue

U+2640

Je ne suis ni essayiste, ni théoricienne du genre, ni docteur en Lettres Modernes. Je n’ai pas lu tous les livres traitant de ce sujet, je n’ai pas l’esprit de synthèse et j’écris plus avec mes viscères que ma raison. C’est pour cela que ce n’est que mon point de vue que j’exposerai, en espérant que mon point de vue rencontre vos points de vue, et que nous puissions ensemble échanger sur le sujet. Je suis d’avis qu’il n’existe pas une vérité mais autant de vérité que d’individu, tout comme je considère qu’il n’y a pas une écriture féminine, mais bien autant d’écriture que de femmes. Ce qui vaut également pour les hommes, évidemment. A la seule différence qu’on dit plus facilement écrivain qu’écrivaine. Dans « écrivaine », je ne peux pas m’empêcher d’entendre le mot « vaine ». Alors que dans « écrivain », je vois cet homme de lettres qui enchante, émerveille, intrigue. Comment expliquer cette association du féminin avec l’idée d’une certaine futilité ? Dans les quelques témoignages que j’ai lus de femmes écrivains, femmes qui étaient souvent mères, il y a cette lutte permanente entre la ménagère et l’artiste, cette lutte menée par la femme qui s’agrippe fermement à sa « chambre à soi », alors qu’à tout moment elle peut être engloutie par son foyer. Mari, enfants, quotidien. Mais j’y reviendrai…
Pourquoi, lorsqu’un homme écrit sur les hommes, il écrit sur la condition humaine, et pourquoi lorsqu’une femme écrit sur des femmes, elle fait de la littérature de femme ? Pourquoi ne demande-t-on jamais à un écrivain homme de situer son acte créateur à partir de son sexe, de se définir en tant qu’homme écrivant, de trouver dans sa masculinité les racines même de son désir de création ? Pourquoi, à une femme, on le demande toujours, on le demande inlassablement, comme si la femme éclipsait l’écrivain, comme si son œuvre était à jamais sexuée par un féminin omniprésent, ou par un refus du féminin tout aussi significatif ? Ce sont des questions que je me suis posée dans le passé, ce sont des questions qui reviennent régulièrement. Puisqu’il me faut régulièrement me défendre, si ce n’est pas face aux autres, c’est face à moi-même.

J’aimerai ici citer Geneviève Brisac, dans La marche du cavalier : « Les femmes écrivains ont en commun peu de choses, sinon d’être constamment sur la défensive, si peu confiantes , et si peu au centre d’elles-mêmes, parias conscientes ou parvenues, obligées de réaffirmer leur allégeance, leur appartenance à une écriture qui n’aurait pas de genre ». Le chemin est encore long, avant que les femmes écrivains écrivent sans être tiraillée par une certaine culpabilité.

Faire machine arrière et revenir sur l’histoire de la femme écrivain, bref historique purement subjectif, une nouvelle fois, puisque j’ai regardé cette grande histoire au regard de ma petite histoire.

Pendant longtemps, l’espace des femmes a été réduit à l’espace privé, puisque l’espace public leur était interdit. Nous avons pratiquement peu de témoignage de femmes avant le 18ème siècle, puisqu’elles n’écrivaient ni poèmes, ni mémoires, à peine quelques lettres. Pour prendre la plume, les femmes devaient se battre contre l’image qu’on leur renvoyait d’elles-mêmes, et ceci dès le berceau. On leur assenait qu’elles étaient inférieures aux hommes, intellectuellement, moralement et physiquement. Dans son pamphlet intitulé Les femmes et le roman, Virginia Woolf insiste sur le fait que les femmes doivent accéder à l’indépendance économique et financière qui permet de décider des orientations de sa propres existence. Une femme qui veut écrire doit posséder les moyens d’assurer sa subsistance pendant qu’elle écrit. Elle doit aussi posséder une chambre à elle, un lieu où elle peut se réfugier pour travailler sans être interrompue.

Dans la seconde moitié du 19ème siècle, il faut encore se nommer au masculin pour écrire, et c’est George Sand qui accomplit le plus ouvertement la transmutation de la femme qui écrit en homme écrivain. Sans pour autant choisir un pseudonyme, elles ont été nombreuses, les femmes écrivains voulant écrire comme les hommes, gommer les spécificités, effacer toute trace de corps, dénigrer l’utérus et tout ce qui fait qu’une femme est autre, n’est pas homme, est différente. La différence étant souvent synonyme d’infériorité…

Pour n’en citer qu’une, Simone de Beauvoir qui, toute sa vie durant, n’a pas investi son corps de femme, pour surinvestir son esprit, à hauteur d’homme. Mépris du monde de la mère, conquête du monde intellectuel, appartenance à part entière au monde supérieur des hommes où les femmes n’entrent traditionnellement qu’à titre de conquêtes ou de conjointes. Simone de Beauvoir, en écrivant, a conquis le monde des hommes, et, grâce à la médiation de Sartre, en a été reconnue.

Dans les années 70, les filles du Deuxième sexe, se lancent dans l’invention d’une nouvelle écriture au féminin. Elles affirment l’existence d’un art au féminin, de tout temps occulté par les hommes. Hélène Cixous, essayiste, poétesse et critique littéraire, s’est longtemps mobiliser pour nous parler des dangers d’une prétendue absence de différence entre l’écriture masculine et l’écriture féminine, et le piège dans lequel sont tombées les femmes qui y ont cru. Or, de son point de vue, il n’y a rien à gagner à singer l’écriture masculine. Bien au contraire, il est nécessaire pour les femmes d’imposer, au sein d’une culture majoritairement masculine, des valeurs à la fois féminines et universelles.

Mais ce n’est pas si simple que ça. Reste le sentiment de légitimité qui, souvent, fait défaut à la femme écrivain qui, sans cesse, remet en question, recule, revient, vulnérable et, souvent, finit par baisser les armes et quitter le champ de bataille. Ici, je cite Nancy Huston dans Le journal de la création : « Les femmes, même lorsqu’elles désirent ardemment devenir des auteurs, sont moins convaincues de leur droit et de leur capacité à le faire. Pour la bonne raison que, dans toutes les histoires qui racontent la création, elles se trouvent non pas du côté de l’auctor (auteur, autorité), mais du côté de la mater (mère / matière). (…). Elle n’aura pas le droit, l’autorisation, l’autorité de rejeter les hommes réels pour épouser son art, pour la bonne raison qu’elle peut produire de la vraie vie. Que – contrairement à l’homme qui est sans enfants – elle connaît la lourde et plate, la banale et sanglante vérité de la création : elle accouche. Elle fait du vrai vivant. Comment parvenir dès lors à se leurrer, au point de croire que le faux est vrai, que l’inanimé est animé, que l’esprit produit le corps? »

Alors des femmes écrivains féministes, afin de donner une dimension politique à leur écriture, ont délibérément cherché une écriture centrée sur le corps sexué, la grossesse, l’accouchement. Il s’agissait bien d’une écriture sexuée, qui cherchait à rendre compte de l’intime des femmes dans les expériences les plus cruciales pour elles. En ce sens, il y a bien une écriture féminine. Non que la femme soit d’une essence différente, mais seulement parce qu’elle est travaillée de l’intérieur par des sensations, des expériences et des conditions de vie différentes : règles, grossesses, accouchements, temps cyclique, rapport différent à l’autre puisque qu’on peut recevoir l’autre dans son corps, ou parce qu’on peut produire de l’autre avec son corps, rapport différent par conséquent à la nature, à la culture et au langage. Nombreuses sont celles qui, ayant conquis l’égalité, revendiquent cette spécificité : l’écriture féminine a un rapport plus intime avec les langages du corps. Puisque parler femme, c’est se tenir toujours plus près du corps, alors que le langage mâle élimine le plus souvent la matière.

Donc, j’écris. Je suis une femme écrivant. Rien de glorieux dans mon parcours. Petite échelle, petit tirage, petite diffusion. J’ai commencé l’écriture par nécessité. C’est dans l’urgence et la métaphore que j’ai fait mes premiers pas. On me disait : tu écris par le corps. Alors je répondais, reprenant le credo d’Antonin Artaud : « Du corps par le corps avec le corps depuis le corps et jusqu’au corps ». La vérité étant : je fais tout pour me débarrasser de mon corps. Écrire était cette abstraction me permettant de délaisser le concret, de tourner le dos au réel, au particulier, au tangible, au périssable, pour m’élever spirituellement et artistiquement. Loin de la
salive, du sang et du sperme. Il me fallait sortir de ma condition, sortir de ma nature, et être au- delà du féminin, de ses cycles et de ses aliénations. Un sacrifice comme un autre. Il s’agissait d’occulter le corps, être au service de l’esprit et s’élever au rang d’homme. Mais le conflit entre l’art et la vie, la création et la procréation, l’esprit et le corps prenait constamment le dessus.

Puis je tombai enceinte. Esprit vide, corps plein. L’inspiration n’était plus, l’élan n’était plus, la pensée n’était plus, la poésie n’était plus. J’étais corps, exclusivement corps. Corps plein, corps habité, corps possédant l’esprit, corps ayant pris possession de l’esprit. Je me demandais : vais-je rester ainsi bête? Combien de temps? Alors, en attendant, puisque je n’avais pas le choix, je fis de la place pour l’homme et l’enfant. Je fis de la place pour le banal et le normal. Je fis de la place pour le domestique et le routinier. Je fis de la place pour la liste des courses et le rendez-vous chez le médecin. Je fis de la place à l’autre, à l’autre que moi. En attendant que mon corps fasse de la place à mon esprit, en attendant que ceux-ci veulent bien s’entendre, se mettre d’accord, et s’accorder.

Il y avait, finalement, quelque chose de confortable, de doux, de sécurisant. Une vie à l’intérieur, avec l’intérieur, pour l’intérieur, de l’intérieur jusqu’à l’intérieur.

Puis je repris du poil de la bête. Il était temps de mettre au monde.

Du temps et de l’effort, il m’en fallut pour retrouver le goût et l’envie de l’écriture. Je savais que jamais plus je n’écrirai comme avant. Je ne savais pas comment j’écrirai désormais. Je partais donc à la découverte d’une nouvelle écriture, tout en explorant le chemin de la maternité. Après 9 mois de silence, je voulus décrire mon accouchement. Il m’en fallut du temps et de l’effort pour trouver les mots justes, pour que les mots écrits fassent écho avec les émotions et les sensations ressenties. Ce fut laborieux. Mais ce travail marqua le début d’une cohabitation. Corps et esprit se considéraient désormais. Ils étaient capables de s’écouter, de prendre en compte la part de l’autre et de s’apporter. Il me fallut composer. Trouver l’équilibre. Passer d’un temps pragmatique à un temps créatif. Passer une heure avec son enfant puis cinq minutes à écrire une phrase. Passer du découragement à l’enthousiasme. Et mettre ma détermination à rude épreuve. Mieux, mettre mon identité à rude épreuve. Elle était là ma vérité. Cette détermination à être « celle qui écrit » était preuve de conviction. Je n’avais plus à écrire pour la forme, il me fallait écrire pour le fond. Et c’est ainsi que, dans ma maternité, je puisais suffisamment de force et de courage pour assumer mon statut de femme écrivant.

Écrire sur le féminin fut ma façon de revendiquer la prédominance de mon utérus sur mon esprit. Je suis femme, femme qui écrit, femme qui pense, femme qui saigne, femme qui allaite. Il n’y a pas incompatibilité, mais bien complémentarité.

Et j’en suis là. Dans mon écriture, je suis passée d’une négation du corps à un sur-investissement du féminin. Le 1er livre que j’ai auto-édité est un récit de voyage, celui d’une femme qui voyage, même si le texte ne fait que discrètement preuve de féminin. Quelques indices seulement. J’avais, à l’époque, les cheveux extrêmement courts, et cette apparence masculine m’avait permis de voyager plus librement que si j’avais été une longue chevelure ondulant sous le soleil indien. Mon second ouvrage est un débat. En lui s’exprime le plus vivement les conflits qui m’habitaient. Chronologiquement, la fin de l’écriture de La Gamine et le A déboucha sur ma
première grossesse. On y verra une coupure nette, un basculement évident. Mon troisième projet est un ouvrage collectif, sur mon initiative, qui a réuni 20 femmes autour de l’écriture de témoignages de leur expérience du voyage et de l’altérité. N’y voyez là aucun sectarisme ni féminisme. Un cadre comme un autre. Des femmes. Et pourquoi pas ? Je n’avais jamais lu de recueil de textes sur le voyage au féminin. Et bien le voici.

Mon dernier roman est un roman sur quatre femmes d’une même famille, de trois générations différentes, dont les différents évènements de la vie se répondent, s’entrecroisent, mêlant là le passé d’une des grands-mères au présent de la fille, là le futur de la mère au présent de l’autre grand-mère. Une écriture utérine. De la chair, du lait et du sang, à tous les étages. Ici, ma position est plus radicale. Il s’agit d’une revendication. Et cette étape dans mon parcours d’écrivain est nécessaire, car avec ce troisième livre, je termine enfin un cycle d’inspiration, et j’en finirai avec l’écriture thérapeutique, pour enfin, passer à quelque chose de plus universel, et peut-être intégrer des personnages masculins, et surtout, ne pas trahir mon genre, mes sens, mon âme. Puisque désormais, ce petit quelque chose qui me vient de mon féminin est inscrit, ancré, à vie, en moi.

En conclusion, j’aimerai une nouvelle fois citer Nancy Huston et son Journal de la création, et cette citation vient rencontrer en moi un espoir, celui de voir enfin hommes et femmes s’admirer pour leurs différences : « Les institutions patriarcales ont privé non seulement les femmes de leur âme, mais les hommes de leur chair, et il faudra bien du temps encore avant que les artistes deviennent des êtres pleins, non mutilés et non envieux. Avant que les femmes ne cessent de s’amputer de leur maternité pour prouver qu’elles ont de l’esprit ; avant que les hommes ne cessent de déprécier la maternité tout en la mimant parce qu’ils en sont incapables. Avant que les femmes ne cessent de trembler et se mettent à croire en la puissance fantastique de leur imaginaire ; avant que les hommes ne cessent de narguer la mort et se mettent à croire en leur fécondité à eux, en leur paternité réelle et non plus symbolique, en leur immortalité tranquille et anonyme dans l’espère. »

Work in progress

Déconstruire la fiction de l’enfance.

Déconstruire la fiction du « telle mère telle fille ».

Déconstruire la fiction du « je suis le métier que j’exerce ».

Déconstruire la fiction de l’adultère inévitable.

Déconstruire la fiction du « les hommes sont tous des… ».

Déconstruire la fiction de la mère parfaite.

Déconstruire la fiction du « ça ira mieux demain ».

Déconstruire la fiction de l’argent.

Déconstruire la fiction du « quand on le veut, on le peut ».

Déconstruire la fiction de Dieu.

 

De tous ces gravats,

 

Consolider la fable de la synchronicité.

Consolider la fable de l’impermanence.

Consolider la fable de la pleine lune.

Consolider la fable de somatisation.

Consolider la fable de « l’ici maintenant ».

Consolider la fable de l’intuition.

Consolider la fable du désir.

Consolider la fable de l’interprétation des rêves.

Consolider la fable de la compassion.

Consolider la fable de l’humain.

 

De toutes ces tours,

 

Être ce qui nous tient à cœur ce qui nous prend aux tripes ce qui nous entête ce qui nous perd pieds ce qui nous met l’eau à la bouche ce qui saisit à bras le corps.

L’arabe qui est en moi

L’arabe qui est en moi écoute Fairuz avec nostalgie.

L’arabe qui est en moi lit Amin Maalouf avec passion.

L’arabe qui est en moi mange le couscous du bout des doigts.

L’arabe qui est en moi préfère le souk au centre commercial.

L’arabe qui est en moi dit « chouf » plutôt que « regarder ».

L’arabe qui est en moi voile ses épaules par pudeur.

L’arabe qui est en moi frissonne lorsque résonne l’appel à la prière.

L’arabe qui est en moi respecte le Coran.

L’arabe qui est en moi admire le Soufisme.

L’arabe qui est en moi étudie l’anthropologie des cultures arabo-musulmanes.

 

L’arabe qui est en moi est née de mes goûts, de ma curiosité, de mes lectures, de mes études, de mes voyages, de mes rencontres, de mes affinités, de mes amitiés.

L’arabe qui est en moi fait de moi un être humain relié à d’autres êtres humains.

La culture arabe fait partie de moi.

Ainsi

 

J’écoute Fairuz avec nostalgie.

Je lis Amin Maalouf avec passion.

Je mange le couscous du bout des doigts.

Je préfère le souk au centre commercial.

Je dis « chouf » plutôt que « regarder ».

Je voile mes épaules par pudeur.

Je frissonne lorsque résonne l’appel à la prière.

Je respecte le Coran.

J’admire le Soufisme.

J’étudie l’anthropologie des cultures arabo-musulmanes.

 

Mes fils s’appellent Souleyman et Sofiane

élevés dans un foyer athée

par des parents inspirés

par l’arabe qui est en eux,

par leur sens inspirés,

par la culture arabe autour d’eux.

Ainsi

 

Font ceux qui s’attachent

 

 

Leçon n°45

« Soudain la détenue qui s’était jusque-là tue relève la tête, me regarde droit dans les yeux et dit : « A quoi ça sert d’inventer des histoires, alors que la réalité est déjà tellement incroyable? »

Cette femme est prostrée, elle a tué quelqu’un, moi non, tous mes meurtres sont dans mes romans.

Je suis à la prison de Fleury_Mérogis. Les autres membres du club de lecture de la Maison d’arrêt des femmes me regardent. Tous attendent ma réponse. Le silence se prolonge et je sens un gouffre s’ouvrir entre elles et moi car il n’y a pas de doute, leur réalité est plus incroyable que la mienne. Se bousculent dans mon esprit des scènes possibles de leur incroyable réalité, scènes de sang, de couteaux, de revolvers, de bombes, de cris, de hurlements, de drogue, de coups, de désordre, de pauvreté, d’angoisse, de mauvaises nuits, de cauchemars, de viol, de désespoir, de confusion…

Que dire? « Pour donner une forme à la réalité? » Non, je ne peux pas dire ça. Ce serait absurdement insuffisant, blessant d’insuffisance, et de suffisance aussi, ce n’est certainement pas la bonne réponse, or cette femme veut désespérément une réponse.

Alors je cherche… »

 

Nancy Huston, L’espèce fabulatrice