Mois : juillet 2015

Persévérer?

« Nous avons bien reçu votre manuscrit, Clair obscur gynécée, que nous avons lu avec attention. Il ne nous est cependant pas possible d’envisager la publication.

Nous avons été sensibles à l’originalité de votre approche par chapitres brefs, qui ne se conforme pas à la linéarité des biographies habituelles, ainsi qu’à votre travail approfondi sur la transmission inter-générationnelle entre les femmes d’une même famille. Il nous semble malgré tout que vous hésitez à assumer complètement cet éclairage, en particulier avec la citation d’ouverture et le dernier chapitre, qui semblent contredire votre propos. »

 

Le comité de lecture des Éditions Des femmes – Antoinette Fouque

Publicités

Leçon n°48

« Mes pensées se sont extraites du lieu et de l’heure, pour se fixer sur une question qui m’a paru soudain la seule importante : Quelle est donc la vraie raison de mon retour vers ce pays bien-aimé dont je redoute d’écrire le nom?

Et une étrange réponse s’imposa à moi, aussi limpide dans sa formulation qu’opaque dans sa signification : Je ne suis revenu que pour cueillir des fleurs. Et il m’apparut que ce geste qui consiste à cueillir une fleur et à l’ajouter au bouquet que l’on tient déjà dans sa main, et  que l’on serre même contre son coeur, est le geste le plus beau et le plus cruel à la fois, parce qu’il rend hommage à la fleur en lui donnant la mort.

Pourquoi cette image? Sur le moment, je n’aurais pas été capable de le dire, et à l’instant où j’écris ces lignes, sept ou huit heures plus tard, je ne suis encore sûr de rien. Y avait-il là l’appréhension, un sentiment de culpabilité, lié au dévoilement de tant de choses intimes sur mes amis, sur mon pays et sur moi? Le mémorialiste est pour les siens un traître, ou tout au moins un fossoyeur. Tous les mots affectueux qui viennent sous ma plume sont des baisers de mort. »

 

Amin Maalouf, Les désorientés

Accord estival

Nourrir son enfant au sein

du bout des lèvres

inconscient

L’écoulement de l’eau sur le minéral

et le bruissement du vent sur le végétal

agissent comme un bercement.

Seule

avec ma chair et mon sang,

je ne suis plus une nuisance,

je suis un prolongement.

*

Je me suis confondue au paysage.

*

IMGP1601

IMGP1606

IMGP1607

IMGP1620

IMGP1623

IMGP1630

Ariane et la pelo-thèque

IMGP1343

IMGP1345

IMGP1346

IMGP1347

IMGP1348

IMGP1350

IMGP1351

IMGP1353

IMGP1354

IMGP1355

IMGP1357

IMGP1358

IMGP1360

IMGP1361

IMGP1362

IMGP1370

IMGP1371

*

 

Ceci est la bibliothèque d’Ariane

où est possible une plongée dans le temps

malgré le trouble que la mémoire nous joue.

Ariane tire derrière elle un fil

pour rendre possible une exploration du temps

malgré l’inévitable confinement des souvenirs.

Filin indispensable au retour,

le fil d’Ariane est multicolore,

puisqu’il faut se parer de mille et une couleurs,

puisque la vie est une perpétuelle célébration.

Fil rouge

comme un compagnon de route

puisque depuis l’enfance

le Livre l’accompagne.

Fil bleu

comme le regard que l’on projette par delà les mers

pour y écouter la langue universelle,

pour y entendre ses sentiments particuliers.

Fil jaune

comme le soleil que l’on met dans sa voix

lorsque l’on dit :

« d’or, ma petite ».

Et enfin

Fil Aragon

puisque de Aurélien à  Elsa

il n’y a que quelques livres intercalées

pour toute une vie à raconter.

Et une fois revenue à la surface du temps,

en ce présent clément,

mer sans ombre

mer d’horizon,

ramener tous ces fils vers soi,

fils mis bout à bout,

et former une boule de soi

une boule à soi

pelotonnée.

 *

IMGP1379