Mois : décembre 2016

Marion et la folia-thèque

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Ceci est la bibliothèque de Marion,

collagiste inspirée par nos métamorphoses.

Papiers déchirés, papiers découpés,

papiers chinés, papiers précieux

papiers humés, papiers caressés,

papiers froissés, papiers jaunis.

Défaire pour mieux parfaire,

ainsi font les petites mains leur travail de minutie.

Une image qui te prend à la gorge,

une image qui s’installe en ton sein,

une image qui percute ton ventre,

une image qui puise les larmes.

Se représenter pour mieux désenvoûter,

ainsi font les petites mains leur travail de superposition.

De nos métamorphoses elle conçoit une fresque,

devançant précédant

nos suspens,

révélant enlaçant,

nos élans.

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Gaetan et l’octopus-thèque

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Ceci est la bibliothèque de Gaetan

Pieuvre hébergeant Le Poulpe

qui – 1 – broie le Noir qu’il soit chat ou sang pour en faire des polars

qui – 2 – caresse l’âme romantique de Rimbaud

qui – 3 – donne une tape dans l’dos des poètes de l’Éclaboussure

qui – 4 – nourrit le feu du grand préfixe de la privation

qui – 5 – enlace l’esprit rebelle de sa tentacule musicienne

qui – 6 – maîtrise le Verbe dans une métrique des sentiments

qui – 7 – bouscule l’élément océanique par son ode à la Décadence

qui – 8 – rassemble les contestations sur le vaisseau-plume de la Célébration.

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Une présence

Une main sur mon sternum l’autre massant mon dos.

L’entendre dire « je suis quelqu’un de raffiné! » en faisant rouler ses moustaches entre ses doigts.

Elle a levé une jambe par-dessus la table

pour me montrer ses collants en résille.

Une main sur mon épaule, en passant, une légère pression.

Elle pleurait des larmes d’anniversaire, je les recueillais de mes mains,

là, sous son menton,

là où elles faisaient confluence.

Des yeux bleus qui me disent « tu vas trouver, tu vas trouver ».

Lui écrire « j’aimerai que nous prenions un train ensemble

pour aller voir la mer »

Savoir qu’elle regarde la même lune que moi à ce moment-là.

Penser que demain nous écrirons toutes deux nos lignes à l’aube

en faisant preuve d’un certain courage.

La musique circulant entre nous.

De l’autre côté des Alpes, tu es là.

Lui dire « saute et le filet apparaîtra »

Nous étions trois femmes vêtues de rouge et nous chantions en chœur.

Dans son regard, sa main me caressait la joue.

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Aujourd’hui, j’ai donné une première séance d’accompagnement dans l’écriture à une femme en mouvement. J’avais pour l’occasion organisé un temps d’exploration de l’Espace Liberté de Crest, une galerie d’art qui expose actuellement des peintres et graveurs du coin, pour un travail d’écriture sensorielle. Alors qu’elle écrivait, assise au milieu des œuvres, je me suis promenée, j’ai pris mon temps, passant d’une alcôve à une autre. Et c’est là que je l’ai vu. En la voyant, j’ai ressenti un très fort désir de possession,  comme si j’étais sur le point de la perdre, comme si elle était sur le point de me quitter, comme si je l’aimais déjà à ce point. Je la voulais à mes côtés et pour toujours. J’ai rempli plusieurs chèques et pour la première fois de ma vie, j’ai acheté une œuvre d’art. C’était celle qui me manquait. Une présence s’ajoutant aux autres présences. Une présence représentant ce que la présence a de plus beau : une absence de jugement. Je suis repartie, avec ma présence dans les bras, et en mon ventre, une vive impression de connivence.

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Une présence, Béatrice Pécout