Catégorie : A

LIBRARIUM de Crest

Vous trouverez

Unies vers celles au singulier,

La Gamine et le A

et Traversées

en vente

au LIBRARIUM

des auteurs inconnus,

espace privé de diffusion

des livres à compte d’auteur

rue Archinard, Crest

 

photo

 

C’est la rentrée,

c’est la reprise,

c’est le retour,

c’est le retournement,

c’est le retour en avant

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Retour sur « La Gamine et le A »

 Ce livre traite de la ville et des rencontres que l’on y fait, qu’elles soient humaines ou sensorielles, à travers deux personnages caméléons, la Gamine et le A. Qui est la Gamine, qui est le A ? Ceux qui s’attendent à avoir des réponses vont être déçus. On ne le saura jamais. Ou plutôt, je ne dis rien à ce propos. Mais le Lecteur peut y mettre ce qu’il souhaite, peut se sentir libre de les imaginer comme il le veut. C’est d’ailleurs un souhait profond qui m’habitait au moment de la construction de ce livre. Que le Lecteur se sente libre. Que le Lecteur fasse confiance en son intuition. Que le Lecteur se laisse aller à sa propre interprétation.

Je considère ce livre comme une expérience d’écriture. Je propose ce livre comme une expérience de lecture. Libre au Lecteur de jouer le jeu ou non. Je me suis longtemps posée la question du sens. Je n’ai cessé de me poser la question du sens. J’écrivais à un ami ma crainte quant à la forme de mon livre, sa trame fragmentée et son fil emmêlé. Je lui demandais :

« Penses-tu que le Lecteur puisse s’intéresser à un récit totalement abscons ? Soit un récit ésotérique dont le seul initié serait l’auteur. Penses-tu que le Lecteur averti de l’incompréhensibilité du récit puisse le lire entièrement en y prenant du plaisir ? Soit un récit sibyllin dont la poétique serait délicieusement absurde. Je m’interroge. Je crois que je ne peux écrire que de la poésie. Ce fourre-tout qui permet tout. »

Et voici ce qu’il me répondit :

« Je pense, oui. Un récit peut-il être totalement hermétique pour un lecteur ? Je ne crois pas. Il déposera dedans ce qui l’identifie lui en tant que lecteur, parce que les mots ont un sens et ils rencontrent à la lecture le ressenti du lecteur. Sans doute la lecture d’un tel texte sera difficile, ardue. Si ce que tu écris à un sens pour toi, cela aura forcément un sens pour quelqu’un d’autre. Est-il besoin d’une histoire charpentée qui s’écoulerait tranquillement dans le regard du lecteur ? Non. Certes tu ne crouleras pas sous le nombre des lecteurs et ton nom n’apparaîtra pas en tête de la liste des best-sellers. La difficulté sera pour toi, je pense. Il te faudra beaucoup de rigueur pour maintenir le sens et l’histoire dans l’ombre, ne pas la dévoiler, parce que dans ta tête il y aura forcément un sens à ce que tu écris. Tu devras naviguer entre le risque d’écrire n’importe quoi (ce qui n’aura aucun intérêt) et celui d’écrire une histoire (ce qui ne correspondra pas à ton projet) »

Je me souviens également de deux citations qui me donnèrent du courage à cette époque. La première est du peintre Gustav Klimt : « Donner forme à ce qui vous est propre au lieu d’imiter ce qui est étranger, chercher l’intime plutôt que l’apparence ». La seconde est de l’anthropologue François Laplantine : « Il ne faut pas rendre lisible mais visible ».

Alors, rassurée, convaincue, tête baissée, j’ai respecté la direction que je voulais prendre. Ce que j’écris n’a pas besoin d’être explicite. Les explications, le sens affirmé sont inutiles. Le sens est dans l’émotion, le ressenti, l’intelligence qui habiteront le Lecteur lorsqu’il me lira. Plus j’assemblais, plus je trouvais la forme qui me correspondait. Me lancer dans l’auto-édition m’a aussi permis d’être dans une certaine liberté d’écriture. Je n’avais pas à me soucier de l’éditeur. Je n’avais pas à lui plaire. Je n’avais qu’à écrire, composer, tricoter.

Pour écrire une présentation compréhensible et lisible de La Gamine et le A, je me suis replongée dans mes carnets de l’époque où je tricotais ce livre. Je venais de m’installer à Lyon, pour mes études. J’apprenais à encaisser la ville comme on encaisse des coups, et je faisais mes premières rencontres urbaines. De ces rencontres est née l’urgence de l’écrire. Il me fallait écrire. Je ne pouvais pas supporter que, ce que m’imposait à la vue et aux sens cette ville, puisse stagner en moi. Alors je me mis à écrire. Je noircissais des pages et des pages. Mes carnets étaient faits d’anecdotes, de pensées et de réflexions, mais aussi de poèmes et de textes où je me laissais aller à une certaine écriture. J’écrivais de façon fluide et spontanée. L’inspiration me prenait et je n’étais qu’un médium. J’étais celle qui écrivait, non pas celle qui pensait ce qu’elle écrivait. Je me pliais à la seule logique de la pensée vagabonde. Les associations se faisaient hors de ma vue, elles apparaissaient telles que ma créativité les avait façonnées et je n’avais qu’à les écrire en éprouvant les sensations qu’elles faisaient naître en mon corps.

J’ai retrouvé le passage précédant la première fois où je mentionnais le titre « La Gamine et le A » qui n’était alors qu’un sésame permettant l’accès à un projet encore flou mais tenace :

Je garde les enfants. Je suis dans la cuisine avec Manon. J’allume France Inter pour me connecter au monde. Joan Baez passe. J’invite la gamine à écouter la mélodie folk d’une certaine résistance. Je lui dis : « Cette femme est très âgée. Est-ce que tu écoutes sa voix ? ». Je lui parle de l’époque, je lui parle de son sens. Puis j’ajoute : « Tu ne la connais pas, mais elle est connue ». La gamine pense à une probable amitié entre elle et moi. Je rectifie : « Je ne l’ai jamais rencontré. C’est juste qu’elle est connue ». Et à la gamine de me demander : « Alors tu es connue ? ». Non. Connu, être connu, la notoriété et ses rumeurs, ses indiscrétions… Joan Baez chuchote et le monde entier l’entend. Il suffit d’être remarqué pour que soit pillée son intimité. Gamine, méfie-toi de ce qu’on t’apprend. 

Alors, très soudainement, à la suite de cette anecdote, j’écrivis : « Fugacité et les infidélités du réel, et pourquoi pas la Gamine et le A ? ». Je n’étais alors absolument pas consciente de ce que pouvait être le A. J’aimais la forme de cette lettre, j’aimais sa sonorité. Petit à petit, j’aimais ce qu’elle représentait : le A privatif, soit tout ce qui manque, comme dans « analphabète » ou « asocial ». Je dérivais vers l’idée que les mots « adulte » et « agnostique » reflétaient également une lacune, une carence, une perte. J’imaginais une conversation entre cette gamine et ce A. De toute évidence, le contexte serait la ville, puisque j’y baignais. Le ton serait le mien, puisque je ne savais pas faire autrement. Mais c’est tout ce dont j’étais sûre.

J’ai commencé par écrire des petits textes sur des scènes urbaines. A l’époque, je n’avais rien lu de Philippe Delerme, mais j’avais lu un essai portant sur le « minimalisme positif » de son approche et je m’y retrouvai. Le positif en moins. Assimilé à mes études en anthropologie, mes promenades urbaines, d’où je tirais la matière de ces textes, étaient devenues étude studieuse et contemplation minutieuse. Je déambulais. J’écrivais. Je retournais à la ville. Je revenais à ma chambre. Mais n’étant pas quelqu’un d’endurant ni de rigoureux dans l’écriture, je m’essoufflais au bout de six et décidais de les rassembler en un chapitre qui fut d’emblée intitulée «  Certains contes urbains (a)valent tous nos mythes ». Le premier tableau était posé, mais je ne le savais pas encore. Néanmoins, je l’avais écrit dans le but de le faire lire, d’en faire quelque chose, ce qui n’est pas forcément le cas des autres tableaux du livre.

Par exemple, le chapitre que j’ai intitulé, a posteriori, « La Gamine », fut mon premier texte poétique. Il n’était absolument pas destiné à ce livre. Je n’avais d’ailleurs pas encore ce livre en tête lorsque je l’ai écrit. J’en étais alors à mes premiers balbutiements. Cet aller-retour incessant entre la 1ère et la 3ème personne pose les pôles de mon indécision, de mon hésitation, à me confondre ou non à cette posture d’écrivain. J’y esquissai les premiers contours de l’esprit de mon écriture, tout en me défilant, en fuyant, en passant à travers ce qui devait s’assumer ou se taire. Évidemment, je sème le Lecteur, puisque je ne le considérais pas encore. Le Lecteur se sentira très certainement perdu, puisqu’il ne sait pas à qui il a à faire. Mais le jeu est justement de se laisser glisser dans cette perte, d’accepter que les pistes soient brouillées, de se défaire d’une certaine façon de lire, de s’engluer dans la langue de l’écrivain puérile.

En parallèle, je m’interrogeais sur mon identité, mon style d’écriture, sa forme, mes références et mes ambitions. La marche était mon accès à l’inspiration, la ville était ma source d’inspiration, mes émotions étaient ma matière. Mais le vertige qui me prenait était parfois difficile à contenir ou à exploiter. J’avais alors besoin de disséquer ce processus, d’en extraire un schéma intelligible, de mettre un peu de raison là où je ne ressentais qu’une mystique, et d’essayer d’expliquer ce qui m’habitait, prenait possession de mes sensibilités et de mes expressions. Le chapitre « Va, cours, tombe » est ce que j’ai écrit de mieux pour retranscrire ce que j’ai fini par nommer ma démarche pré-poétique.

De mes errances urbaines j’ai recueilli des paroles en l’air et des mots écrits. Passants, sans-abris, graffitis, tracts, j’ai pris tout ce qui m’interpellait. Cette matière disséminée, je l’ai rassemblée puis transformée en un bloc brut qui sentait le bitume et les ordures, les embouteillages et la mauvaise humeur. Ce bloc, je n’ai pas pris le temps de le façonner tellement sa brutalité était à conserver. Et je l’ai jeté dans la mare de mes enfantillages. Le bruit de son absorption était fracassant. J’étais secouée par d’irrésistibles tremblements. La plupart des chapitres ont été écrits dans cette urgence-là : il me fallait évacuer au plus vite le brutal comme le bruyant. Le seul chapitre dans lequel résonne une douce voix est celui que j’ai appelé « Les gens ne prennent même plus le temps de regarder les bourgeons ». J’entends encore cet homme me raconter sa vie, dont l’enfance fut d’une brutalité insupportable mais dont le cheminement sentait le miel des abeilles qu’il aimait tant. J’entends encore cet homme se confier à moi, s’ouvrir à moi, se soulager de son moi. Ici la matière m’a été dite. Je n’ai eu qu’à écouter et recevoir. Encore fallait-il y percevoir la clé du A. Car il était bien le A que tous flagellaient, mais il restait la première lettre de l’Amour.

Si ce livre existe c’est bien pour cet homme, pour son regard et pour sa foi. Pour l’exemplarité de son unicité. Ce qui est éclaté peut rester un. Ce livre, aussi éparpillé soit-il, a sa cohérence, puisqu’il est processus est que tout se transforme. Une histoire est sous-jacente. Quelque chose est traversée. Ce n’est que bien plus tard, après l’écriture de ces huit tableaux, tableaux qui finalement ont émergé en parallèle, que j’ai réalisé le lien qui les unissait, la cohérence du tout. Alors, je ne pouvais plus faire demi-tour, il me fallait les coudre, ensemble, avant de rompre le fil avec mes dents.

Quant au genre littéraire auquel appartient mon livre, je n’ai pu lui donner un nom. Serait-ce un roman ? De l’autofiction ? Un recueil de poésie ? Un récit autobiographique ? Je ne sais pas si ce que j’ai écrit doit affirmer son appartenance au genre romanesque, mais il s’agit certainement de littérature. J’ai fini par présenter La Gamine et le A comme étant un roman patchwork, sans grande conviction. Je précisais qu’il s’agissait d’une succession de tableaux de différents style d’écriture, allant de la poésie à l’épistolaire, du témoignage à la prose. Tous ces tableaux, sans exception, sont inspirés de ce que j’ai vécu pendant 6 ans à Lyon. La matière est sans conteste autobiographique. Mais est-ce pour autant un récit autobiographique ? Je ne pense pas. Je n’ai fait que transformer le vécu en récit. Le récit étant devenu fiction, je me suis éloignée de mon vécu. De ce fait, les pages écrites ne sont pas celles que j’ai vécu mais celles que j’ai transformé. Il n’y a donc pas à me demander : « vous l’avez vraiment vécu ça ? ». Je suis déjà loin, je suis déjà autre.

 

A vos bons de commande!

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Bonjour à tous.

Demain je serai entourée de 250 exemplaires de « La Gamine et le A ».

Une cinquante d’exemplaire est déjà réservée pour mes chers KissBankers, qui m’ont permis de recueillir la somme nécessaire à l’auto-édition de mon roman.
Voici le lien du projet KissKissBankBank pour ceux qui ne sont pas au courant : http://www.kisskissbankbank.com/la-gamine-et-le-a
Encore merci à vous!

C’est maintenant le temps de la vente.
Je compte de nouveau sur vous tous pour écouler mon stock et faire de cette nouvelle auto-édition une belle réussite!
Ce fut déjà le cas pour mon récit de voyage « Unies vers celle au singulier » il y a cinq ans, je croise les doigts pour que tout se passe bien pour « La Gamine et le A ».

Si vous êtes intéressés par un (ou plusieurs!) exemplaire de « La Gamine et le A », je peux vous envoyer un bon de commande. Il vous suffira de me le faire savoir par un commentaire ou un message privé, d’imprimer ce bon, de le remplir et de me l’envoyer avec un chèque  ou des espèces. Je vous enverrai ensuite le (ou les) exemplaire par la Poste. Si la distance qui nous sépare n’est pas trop grande, ne comptez pas les frais de port et je me déplacerai jusqu’à vous. Vous pouvez également me renvoyer ce bon par mail et ne m’envoyer que le chèque ou les espèces par la Poste.

Le prix d’un exemplaire est de 15 euros. Comptez 3 euros de frais de port.

Alors, à vos bons de commande!

 

En compagnie du A… en comptant sur vous

Je me suis lancée. Il le fallait. Aller jusqu’au bout. Prendre ce chemin. Expliquer malgré tout. Creuser mon trou. Etre seule sans peur ni doute. Tenir bon la barre. Découvrir l’alternative. M’en réjouir. Retenir ma parole et ma joie. Travailler. Bidouiller. Faire comme je peux avec ce que j’ai. Me suffire. Me dire que je l’ai fait donc je le mérite. Ecrire « écrivain ». Ecrire « projet ». Ecrire « j’y crois ». Je le veux. Tellement. Caprice ou conquête, peu importe la raison. Je me suis lancée. Il le fallait.

 

Je mets entre vos mains la suite de cette expérience. Vous seuls me permettrez de finaliser ce projet. Je ne peux qu’essayer de vous convaincre. Mais veuillez, s’il vous plaît, vous rendre ici avant que je n’ajoute quoi que ce soit :

 

http://www.kisskissbankbank.com/la-gamine-et-le-a

 

Ne prenez pas peur. Le principe de cette plate-forme est simple et sécurisé. L’argent que vous miserez sur mon projet vous sera débité seulement si suffisamment  de contributeurs viennent faire de même et que la somme de 1200 euros soit rassemblée. Plus simplement, en donnant, par exemple, 20 euros, vous ne faites que pré-commander un exemplaire de « La Gamine et le A ». Et si, à l’issue des 60 jours de « quête », je n’atteins pas 1200 euros, il ne se passera rien, ni pour vous, ni pour moi. Si vous souhaitez participer financièrement à ce projet, je me chargerai personnellement de vous envoyer une contrepartie, en fonction de la somme donnée. Vous trouverez les détails de ces contreparties dans la colonne de droite de la page du projet. Il me semble que le reste est clairement et précisément exposé sur ma page. N’hésitez pas à me contacter en cas de questions ou d’appréhensions. Et surtout, n’hésitez pas à faire circuler cette annonce. Plus vous serez nombreux, plus mon livre aura de chance de voir le jour!

 

Merci à vous.