Catégorie : La mouche

Nuée de bouts

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Nuée de bouts (1/2)

Sur le chemin de l’école, l’enfant exprime son envie de voir la Mer Méditerranée. Comment lui dire que je ne veux plus mettre mes pieds en ce charnier?

Faire le détour, la liste des pays entourant cette vaste étendue d’eau qui n’évoque rien de mal pour l’enfant.

Israël, te souviens-tu? Tu avais 1 an et demi et nous y sommes allés.

Puis le sac au dos, repartir, prendre le train, m’enfuir ou m’évader, on ne met pas la même chose dans son sac, selon.

Plus tard, elle me dira : « ce n’est pas la fuite ou l’engagement ».

Dans le TGV, nous entendons l’intervention d’une employée de la voiture bar, celle-ci fait la liste de tout ce que nous pouvons consommer, elle a un fort accent chinois.

Entendre les rires moqueurs, les imitations et autre « et des nems? » de mes compagnons de voyage me plonge dans une honte intestinale.

La honte des témoins.

Dormir la bouche ouverte, retenir ma tête au dernier moment, avant qu’elle ne tombe, me délester de toute cette fatigue accumulée.

Arriver à Paris, comme une provinciale, toute étonnée par tant de bruit, bitume, gris, misère.

Il n’y a pas que ca, il y a aussi son sourire à elle lorsqu’elle s’avance vers moi.

Nous ne nous connaissons pas et nous nous sommes reconnues.

Mais avant elle, il y a eu lui, lui et lui.

En l’espace de cinq minutes, trois façons de poser la même question.

L’un s’élance dans un monologue sur sa situation.

L’autre me tend la main.

Le dernier me dit « j’ai faim ».

Je retourne à la honte, en mon cœur cette fois, de ne rien pouvoir faire pour eux.

La honte des impuissants.

Je suis à ses côtés, je me laisse guider, je ne prends aucun repère dans la ville, je ne regarde que ce que j’écoute de nos conversations.

Une déclinaison de mouches et l’histoire qui prend forme.

Elle a une belle voix, je suis contente de l’avoir rencontré.

Ce qui compte pour moi, c’est l’expérience.

Je repense à ce que j’ai lu ce matin : « si je devais faire un travail autre que mon travail artistique pour gagner de l’argent, je pense que je me suiciderai, je n’ai pas l’énergie pour ».

J’applaudis LA BRIGADE D’AUTEURES.

Nous nous quittons sur un large sourire.

Je monte dans le train, j’ai besoin de boire un thé, je m’avance au bar, l’employé me demande de patienter, il n’a pas encore tout installé.

Puis, il dit à un homme que je n’avais pas remarqué : « je sais que vous étiez là avant elle mais par galanterie je vais servir Madame »

L’homme répond : « oh je restais discret car je sais à quel point cela peut être désagréable d’être interrompu par des clients trop pressés »

Moi, m’adressant à l’employé : « je préfère que vous honoriez la politesse de Monsieur plutôt que le simple fait que je sois une femme »

Ce qui compte pour moi, c’est l’expérience de la rébellion.

Le thé était dégueulasse et hors de prix.

Sur un écran je lis que nous roulons à 293 km/h.

Un couple de personnes âgées est assis en face de moi.

La femme dit à l’homme : « avant, tu disais des trucs qui me faisaient rire. c’était fort, je riais. maintenant, tu ne dis plus rien »

L’homme reste silencieux.

« C’est l’histoire d’une mouche qui tournait en rond… »

Je pense à mon amie Estelle.

Elle aurait aimé cette histoire de mouche.

Je dévoile une honte camouflée.

La honte des témoins impuissants.

Je participerai à la prochaine Nuit Debout.

La naissance de la mouche

Il semblerait, qu’au loin, dans une autre ville, une femme donne vie à une mouche.

On ne l’entend pas, elle ne crie pas, elle écrit.

Sur les murs pour l’histoire.

Il semblerait, qu’au loin, dans une autre ville, une autre femme insuffle la vie

à cette même mouche.

On ne l’entend pas, elle marche à pas feutré, puisqu’au bout de sa mine elle dessine.

Sur les murs pour l’image.

Il semblerait qu’au même moment deux enfants sans espace ni sexe ni sang

participent à la naissance de la mouche

en remontant à la surface

de l’esprit et du temps.

Une mouche telle qu’on ne l’a encore jamais vu

puisqu’elle naît de plumes

puisqu’elle naît de femmes

puisqu’elle est façonnée par l’enfant qui est en elles

puisqu’elle cherche sa voie

qu’on entendra

au

bout

de

trois

un

deux

trois

 

b(Photo de et collaboration avec
Marion Gusto)

 

La mouche

nouveau projet

littérature jeunesse

entre quatre bonnes mains

et 40000 bons yeux

Confidences

Travailler avec une autre, une autre que soi.

Ou bien.

Travailler seule avec soi-même.

Toujours.

Prendre garde

aux temporalités aux affinités aux nécessités.

Avec ou sans l’autre

en miroir en bataille encanaillés.

.

Je confie, j’ai confié, des mots des textes et des papiers

à une autre, à d’autres, à une autre que moi.

Voyage dans l’intersubjectivité,

à nos poils hérissés, à nos voix accordées, à nos sensations déployées.

J’ai confié, je confie, je laisse s’en aller, disparaître,

pour réapparaître autrement,

elle et moi dedans.

Travailler avec une femme plutôt qu’un homme

pour la glaise pour le mouvement pour l’éphémère.

.

J’attends

J’attends l’autre avec moi dedans

.

J’ai confié, je confie

l’enfance et la poésie

l’autre pays et la couleur rouge

la légèreté et l’incompréhension.

.

En attendant,

je nage.

Dans une mer de mots mis en désordre par les vents.

////insurrection////

////déviation////

////opposition////

////marginalisation////

////contestation////

C’est l’histoire, c’est la nouvelle histoire, impulsée par la lecture

P.O.L.I.T.I.Q.U.E

de ce roman de Lola Lafon

« Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s’annonce »

.

C’est l’histoire, c’est la nouvelle histoire,

qui pose la question du QUAND

(que nous lirons CAMP quand ça nous chante)

à travers l’association d’un homme et d’une femme

pour le sable pour le contact pour l’avenir

.

Je me confie

Je recueille

.

Quelque chose en moi refuse le vide

Quelque chose en moi compose avec le vide

Quelque chose en moi propose au vide

une solution

une réponse

un son

Confidences

.

Me voilà sur un nouveau chemin